Pratique professionnelle

Les exigences en matière de pratique professionnelle varient en fonction de l'agrément souhaité (réviseur ou expert-réviseur) et de la formation suivie. Seul le texte de la circulaire ASR 1/2022 sur les exigences en matière de pratique professionnelle fait foi sur le plan juridique.

Les informations essentielles peuvent être résumées comme suit :

Principes de calcul et pris en compte

Les règles générales suivantes s'appliquent au calcul de la pratique professionnelle :

  • Conversion : une année de pratique professionnelle correspond à 1'200 heures de travail productives.
  • Compensation : une durée inférieure en années ne peut être compensée par des heures supplémentaires (plus de 1'200 heures/an).
  • Moment : la pratique professionnelle ne peut être prise en compte qu'à partir du début d'une formation reconnue. La pratique professionnelle acquise avant le début de la formation n'est pas prise en compte, car des bases théoriques sont nécessaires pour comprendre les instructions.

 

Exigences quantitatives selon la catégorie de formation

Les exigences quantitatives en matière de pratique professionnelle varient en fonction de la formation suivie et de l'agrément visé. La pratique professionnelle doit être acquise principalement (au moins 75 %) dans les domaines de la comptabilité et de la révision comptable.

Étendue de la pratique professionnelle requise pour l'agrément en tant qu'expert-réviseur

Trois types de formation sont à distinguer :

1. Expert-comptable diplômé

  • Justificatif de pratique professionnelle – durée minimale : 4 ans (48 mois / 4'800 heures).
  • Dont 3/4 dans les domaines de la comptabilité et de la révision comptable: 36 mois / 3'600 heures, dont au moins 2/3 supervision : 24 mois / 2'400 heures.
  • Au minimum 1/3de la pratique professionnelle dans les domaines de la révision comptable et de la comptabilité doit impérativement avoir été acquise sous supervision dans le domaine de la révision comptable (12 mois / 1'200 heures), dont au moins 1/3 dans le cadre de révisions ordinaires.
 Part de la durée totaleDurée en annéesDurée en moisDurée enheures
Total100 pour cent4484'800
 dont 3/4 comptabilité  révision comptable75 pour cent 3363'600
  dont 1/3 révision comptable25 pour cent1121'200
   dont 1/3 révisions ordinaires8,33 pour cent0,33 4400

 

2. Expert fiduciaire, expert fiscal, expert en finance et en controlling

  • Justificatif de la pratique professionnelle – durée minimale : 5 ans (60 mois / 6'000 heures).
  • Dont 3/4 dans les domaines de la comptabilité et de la révision comptable (45 mois / 4'500 heures, dont au moins 2/3 sous supervision : 30 mois / 3'000 heures).
  • Au minimum 1/3 de la pratique professionnelle dans les domaines de la révision comptable et de la comptabilité doit impérativement avoir été acquise sous supervision dans le domaine de la comptabilité (12 mois / 1'200 heures), dont au moins 1/3 dans le cadre de révisions ordinaires.
 Part de la durée totaleDurée en annéesDurée en moisDurée en heures
Total100 pour cent5606'000
 dont 3/4 comptabilité  révision comptable75 pour cent 3,75454'500
  dont 1/3 révision comptable25 pour cent1,25151'500
   dont 1/3 révisions ordinaires8,33 pour cent0,425500

 

3. Diplômés universitaires (université/HES) et spécialistes avec brevet fédéral

  • Preuve d'une pratique professionnelle – durée minimale : 12 ans (144 mois / 14'400 heures).
  • Dont 3/4 dans les domaines de la comptabilité et de la révision comptable : 108 mois / 10'800 heures, dont au moins 2/3 sous supervision : 72 mois / 7'200 heures.
  • Jusqu'au 31 décembre 2027, la pratique professionnelle dans le domaine de la révision comptable doit avoir été acquise sous supervision à hauteur d'au moins (10 %) de la totalité de la pratique professionnelle (14,4 mois / 1'440 heures).
jusqu'au 31 décembre 2027Part de la durée totaleDurée en annéesDurée en moisDurée en heures
Total100 pour cent1214414'400
 dont 3/4 comptabilité  révision comptable75 pour cent 910810'800
 dont révision comptable10 pour cent1,214,41'440

À partir du 1er janvier 2028, au minimum 1/3 de la pratique professionnelle dans les domaines de la révision comptable et de la comptabilité doit impérativement avoir été acquise sous supervision (36 mois / 3'600 heures), dont au moins 1/3 dans le cadre de révisions ordinaires :

à partir du 1.1.2028Part de la durée totaleDurée en annéesDurée en moisDurée en heures
Total100 pour cent1214414'400
 dont 3/4 comptabilité / révision comptable75 pour cent 910810'800
  dont 1/3 révision comptable25 pour cent3363 600
   dont 1/3 révisions ordinaires8,33 pour cent1121 200
Étendue de la pratique professionnelle requise pour l'agrément en tant que réviseur

Les exigences sont moins strictes pour les réviseurs, mais l'ensemble de la pratique doit être effectué sous supervision.

  • Justificatif de pratique professionnelle - Durée minimale : 1 an (12 mois / 1'200 heures) sous supervision.
  • Dont 3/4 dans les domaines de la comptabilité et de la révision comptable : 9 mois / 900 heures.
  • Au minimum la moitié de la pratique professionnelle dans les domaines de la révision comptable et de la comptabilité doit impérativement avoir été acquise sous supervision dans le domaine de la révision comptable: 4,5 mois / 450 heures.
 Part de la durée totaleDurée en annéesDurée en moisDurée en heures
Total100 pour cent1121'200
 dont 3/4 comptabilité / révision comptable75 0,759900
  dont 1/2 révision comptable37,5 pour cent0,3754,5450

Exigences qualitatives

Révision comptable

Une expérience pratique dans la gestion ou la participation à des mandats de révision est requise. Des connaissances purement théoriques ne suffisent pas.

Prise en compte :

  • Révision interne (dans la mesure où les procédures d'audit sont comparables à celles de la révision externe).
  • Prestations de révision non prescrites par la loi : contrôles dans le cadre d'un opting-out (si des normes telles que les NAS-CH ou la SER ont été appliquées).
  • Audit prudentiel : Pour l'agrément de base en tant qu'expert-réviseur, le législateur a statué, en dérogation à l'art. 4, al. 4, LSR, que la pratique professionnelle acquise lors d'audits selon l'art. 24, al. 1, let. a et b, LFINMA peut être prise en compte en lieu et place de la pratique professionnelle dans le domaine de la révision comptable et de la comptabilité (art. 9a, al. 3, LSR). La prise en compte peut s'élever à 75 % au maximum.
    Le Conseil fédéral définit que pour être agréé en tant qu'expert-réviseur, au moins un quart de la pratique professionnelle (un tiers à trois quarts de la durée totale) doit avoir été acquise dans le domaine de la révision comptable (art. 7, al. 3, OSRev). Cette pratique minimale ne peut donc pas être remplacée par une pratique professionnelle dans le domaine de l'audit prudentiel. Par conséquent, la pratique professionnelle dans le domaine de l'audit prudentiel peut être prise en compte à hauteur d'un maximum de trois quarts.

Ne sont pas pris en compte :

  • révision fiscale, contrôles LBA, audit informatique (audit IT), contrôle de gestion (controlling).
Comptabilité

La pratique professionnelle dans le domaine de la comptabilité n'est pas impérative si une pratique suffisante en matière de révision comptable est justifiée.

En ce qui concerne la pratique professionnelle dans le domaine de la comptabilité, le critère déterminant selon la LSR est toujours de savoir si l'activité a permis d'acquérir une compréhension approfondie de la nature de la comptabilité externe. L'appréciation de cette question relève de l'ASR au cas par cas.

Prise en compte :

  • Comptabilité externe : tenue du livre journal (grand livre), établissement de comptes annuels, de comptes consolidés et de clôtures intermédiaires.
  • Comptabilité interne : si une compréhension de la comptabilité externe est acquise (p. ex. concept de contrôle de gestion complet).

Ne sont pas pris en compte :

  • Simple tenue de comptabilités auxiliaires (débiteurs / créanciers / inventaire)
  • Statistiques d'exploitation, calculs prévisionnels, budgétisation
Pratique professionnelle acquise à l'étranger

La pratique professionnelle acquise à l'étranger est reconnue si la personne chargée de la surveillance possède une qualification comparable à celle des experts-réviseurs / réviseurs agréés en Suisse.

Exigences en matière de supervision

La supervision sert à la formation et au contrôle. La pratique professionnelle est considérée comme acquise sous supervision lorsque les critères suivants sont cumulativement remplis :

Critères formels
  • Rapport de subordination formel et activité soumise à des instructions sous la direction d'un spécialiste qualifié.
  • Taux d'activité : au moins 50 % du temps de travail pendant au moins 3 mois (consécutifs). Pour une durée supérieure à 2 ans sous la supervision de la même personne, un temps de travail de 20 % suffit.
Position hiérarchique et preuve
  • Superviseur de rang supérieur : la personne chargée de la supervision occupe une position hiérarchiquement supérieure au regard du droit des sociétés (par exemple, un membre du conseil d'administration supervise un membre de la direction ou un employé, un membre de la direction supervise un employé). La subordination est présumée (preuve : formulaire de pratique professionnelle).
  • Superviseur de même rang : le lien de subordination doit être prouvé (p. ex. par le contrat de travail, la fonction). Pour les membres d'un organe, un double rapport (organe + employé) est impératif.
  • Superviseur de rang inférieur : présomption d'absence de supervision. Doit être réfutée par des documents appropriés (exigences accrues).
Qualification de la personne assurant la supervision

Pour que la pratique professionnelle soit reconnue, la personne assurant la supervision doit posséder les qualifications suivantes, en fonction de l'agrément visé :

1. Pour l'agrément en tant qu'expert-réviseur :

  • Au minimum l'agrément en tant qu'expert-réviseur (ou une qualification étrangère analogue).
  • Droit transitoire : pour la pratique professionnelle acquise avant le 31 août 2009, la qualification « d'expert-réviseur particulièrement qualifié » selon l'ordonnance de 1992 (ordonnance abrogée) est suffisante.

2. Pour l'agrément en tant que réviseur

  • Au minimum l'agrément en tant que réviseur (ou une qualification étrangère analogue).
  • Droit transitoire : les conditions de formation prévues à l'art. 4, al. 2, LSR sont remplies et la pratique professionnelle du requérant a été acquise avant le 31 août 2009.

Formulaires relatifs à la pratique professionnelle

Attestation pratique professionnelle sous supervision

Attestation pratique professionnelle sans supervision